VISITE au verger du Bois Gourmand chez François Robin

le 14 mai 2024
François a choisi la syntropie comme méthode culturale.
Il a commencé les plantations en 2021, c’est la 3ème année de pousse. Une nouvelle zone a été plantée
en 2023. Les ventes de petits fruits ont débuté l’an dernier pour les gros, ce sera plus tard.
Il y a déjà 1 km de ligne plantée en syntropie. Sa ferme a démarré officiellement le 1 er mai 2024.
QUESAKO LA SYNTROPIE
Née en 1984 au Brésil où Ernst Götsch s’est installé dans les années 80, cet agronome et fermier
suisse-allemand expérimente des méthodes de régénération des sols. La syntropie décrit un
processus qui conduit à l’accumulation d’énergie captée par la photosynthèse et ses formes
d’accumulation sont la matière organique et la diversité du vivant.
Elle nécessite des connaissances biologiques et s’appuie sur le fonctionnement du vivant.
Émergente en France, elle est diffusée notamment par Anaëlle Théry, autrice du livre « Bienvenue
en syntropie » et de vidéos.
Ici, en milieu tempéré, l’évolution naturelle d’un sol tend vers la forêt. La situation finale est
qualifiée de « climax ». Un sol rocheux couvert de mousses et de lichens va évoluer vers la prairie
avec des graminées puis vers la friche avec des plantes plus hautes comme l’ajonc, le genêt,
l’ortie… puis vers la forêt. Pendant ce temps, presque un siècle, la courbe de la biodiversité va
croître et s’arrêter quand la canopée sera fermée. Dans la réalité, des incendies, des tempêtes vont
ouvrir le milieu et la mort des arbres et des animaux va fournir de la matière organique.
1-La temporalité
En syntropie, on transforme ce temps long en court-métrage : introduction- développement-
conclusion.On plante les 3 stades en même temps : prairial-friche pour un potager et pour un verger,
on ajoute le stade forêt avec de grands arbres. On ne plante jamais un arbre tout seul mais plusieurs
de la même espèce et des espèces différentes.
Absolument indispensables pour le sol, les champignons intra ou ecto mycorhiziens, pour les faire
venir, il faut poser du bois sur le sol qui favorisera le développement du mycelium.
2- L’espace
La photosynthèse, c’est la base de notre nourriture ; on va donc faire en sorte de la maximiser car
elle va produire de la matière organique.
On va planter 4 strates :

  • la strate basse, par exemple la consoude, la mélisse : 8 à 12 h de soleil indirect
  • la strate moyenne pour les framboisiers-cassis-myrtilles, 5-6 h d’ombre, si trop de soleil, sensible à
    l’attaque des tenthrèdes ( fausses chenilles qui dévorent les feuilles en une journée ou quelques
    jours donc si plus de feuilles, plus de photosynthèse).
  • la strate haute = pommiers-pruniers…
  • la strate émergente = maïs, tournesol
    Les tomates ont besoin de 2 h d’ombre quand le soleil est plein sud. Les haricots et les pommes de
    terre, c’est pas plein soleil, on peut apporter de l’ombre avec des tournesols, du maïs (on fait des
    nids de graines), on les coupera pour apporter de la matière organique en en laissant quelques-uns à
    graines pour semer l’année suivante et pour les oiseaux. Les graminées : blé, orge, maïs, c’est plein
    soleil.
    Un maître-mot= la densification, F. alterne une ligne d’arbres fruitiers, une ligne de petits
    fruits, elles mesurent 48 m. L’idéal est l’orientation nord-sud. Tous les mètres, du peuplier, chêne,
    châtaignier., érable, bouleau, je plante des graines, elles sortent parfois 2-3 ans après, tous les 50 cm
    du buddleia, du sureau, saule, en boutures par 3, entre les 50 cm des « nids » de graines avec du genêt par exemple. Après, pour ouvrir le milieu, je vais tailler, c’est mieux de le faire au moment de
    la floraison car donnera plus de matière organique mais il faut laisser des plants finir leur cycle
    jusqu’à la graine.
    Cette taille qu’on appelle perturbation est le moteur de la syntropie.
    Cette densification va créer les conditions pour que le système devienne autonome. Au départ,
    quand les graines et plantations ne couvrent pas encore le sol, on peut semer des engrais verts de
    août à octobre. Il ne faut pas mettre le focus sur des plantes ou des arbres fixateurs d’azote, ce
    concept reste lié à la pétrochimie. Mais on peut mettre du lupin pour le plaisir visuel.
    Dans les lignes, on trouve aussi de l’artichaut, de la rhubarbe et beaucoup d’aromatiques : menthes
    très diverses, mélisse et de la consoude en bordure.
    Question : quand on a du liseron, du gaillet gratteron, que faire ? C’est le signe d’un sol avec de
    l’azote bloqué, il faut de la matière pour apporter de la vie qui va décomposer cet azote pour le
    rendre assimilable pour les plantes que l’on souhaite voir se développer.
    Sur les lignes de 48 m, les petits fruits sont plantés par 8 ou 9 ??? de la même espèce : myrtilliers,
    groseilliers, cassissiers, casseilliers, mûriers. Les mûriers s’appuient sur des saules qui servent de
    tuteurs.
    Parmi les fruitiers il y a de la vigne, et des asiminiers qui produisent des fruits dont le goût est entre
    celui de la mangue et de la banane, la forme ressemble à une mangue avec des pépins mais pas de
    noyau et aussi : pruniers, pêchers, abricotiers, pommiers, kakis.
    Trois lignes de framboisiers plantées entre les lignes d’arbres et arbustes, avec sur un côté des
    géraniums vivaces et de la mélisse et de l’autre de l’origan doré, et du lierre terrestre.
    « Si tu penses avoir trop planté, plante 2 fois plus » Ernst Götsch.
    Merci beaucoup à François de nous avoir consacré tout ce temps de façon très pédagogique et
    passionnée.
    Compléments :
    site Facebook du verger au Bois Gourmand
    vidéos Anaëlle Théry
    vidéos Ernst Gôtsch

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